PREFACE À "L'HOMÉOPATHIE N'EST-ELLE QU'UNE VASTE FUMISTERIE" DE JACQUES MOREAU Imprimer
Écrit par Philippe Marchat   
Dimanche, 25 Août 2019 12:34

 

N;B : LE LIVRE DE JACQUES MOREAU EST DISPONIBLE, EN FORMAT PAPIER ET EN VERSION NUMÉRiQUE À LA FOIS SUR LIBRINOVA ET AMAZONE  (moins cher)


PRÉFACE

L'homéopathie n’a cessé, depuis son origine, au tournant des années 1790-1810, d’être en butte à de sérieuses critiques et oppositions. Jamais, cependant, elle n’avait subi, en Europe, une campagne d’hostilité et d’attaque aussi violente que celle qui fait rage depuis l’année 2015. Campagne qui ne se contente pas d’être critique mais cherche, tout bonnement, à l’éradiquer de la scène médicale. Campagne qui n’hésite pas, pour ce faire, à attaquer frontalement les médecins homéopathes les accusant de sectarisme, d’inconscience, d’esprit anti-scientifique, voire de n’être que de simples charlatans qui trompent, sciemment, leurs patients.

Notre confrère et ami, le docteur Jacques Moreau a écrit ce texte, en réaction, mieux, en réponse, à ce climat d’intolérance et d’agressivité. Si une indignation légitime en a motivé l’écriture, le livre ne tombe, jamais, dans le travers de céder aux excès et à la caricature de ses adversaires. Il s’adresse, en fait, à l’honnête homme de notre temps. Avec le ton qui sied à celui-ci. Qu’il soit médecin ou patient. Voire les deux à la fois.

Le lecteur n’a nul besoin de « croire » en l'homéopathie pour lire ce livre. Le seul réquisit est un minimum d’ouverture d’esprit et la curiosité d’entendre ce qu’un pédiatre homéopathe a à dire pour la défense de l'homéopathie. Un pédiatre homéopathe, c’est à dire un pédiatre qui, ayant fait ses années d’études médicales a complété sa formation par l’apprentissage d’un autre regard sur la santé et les maladies et l’acquisition d’un arsenal thérapeutique complémentaire à l’arsenal commun à tous les médecins. C'est à dire encore, un médecin qui accueille ses jeunes patients, les interroge, les examine, prescrit les examens qu’il estime nécessaire et choisit, pour les soigner, parmi les divers moyens thérapeutiques dont il dispose, celui qui lui semble le plus approprié au problème présenté. Qu’il s’agisse d’un antibiotique, d’une prescription de corticoïdes ou d’un médicament homéopathique.

Médecin homéopathe moi même, ayant fait des études de philosophie des sciences, j’ai été particulièrement séduit par ce texte au style direct, concret et vivant et je remercie vivement l’auteur de m’avoir proposé d’en écrire la préface. Jacques Moreau s’exprime, ici, avec son cœur. Mais aussi avec toute sa raison. Il apporte au lecteur son témoignage inscrit dans une longue pratique médicale. Le texte, très vivant, est agrémenté de nombreuses réflexions qui constitueront autant d’éléments que le lecteur pourra méditer pour mieux se faire son propre jugement sur la question.

Vous vous apprêtez donc à lire  ce que d’aucuns appelleraient un « coup de gueule » et que je désignerai comme la réponse agacée et indignée qu’un esprit libre oppose à la mauvaise foi et aux accusations dénigrantes. Car, comme le suggère le titre du livre de Jacques Moreau, si l'homéopathie n’est qu’une vaste fumisterie, que sont les médecins homéopathes sinon des naïfs, des rêveurs et/ou de dangereux incompétents ?

Cependant, notre pédiatre homéopathe est, le lecteur s’en rendra très vite compte, ni un naïf, encore moins un rêveur, et certainement pas un médecin incompétent. Il entend, donc, répondre pied à pied, aux accusations qui l’accablent, personnellement, autant qu’elles accablent l'homéopathie.

En homme bien élevé, il commence par se présenter, nous livrant un autoportrait, court franc, sincère et sans fioritures inutiles. Il restitue, donc, l’Histoire de l’homéopathie comme sa propre histoire avec l'homéopathie pour que lecteur comprenne bien, à la fois, de quoi le livre parle et d’« où », comme l’on dit, l’auteur parle lui même. Auteur qui manie volontiers, ce qui rend la lecture du texte très plaisante, l’humour et l’ironie. Envers les autres mais envers lui même tout autant.

On sera étonné, dans ce texte assez court, de voir traités tant d’aspects de la question. Le lecteur découvrira, ainsi, concrètement, la spécificité homéopathique par rapport à l’approche biomédicale et bénéficiera d’une reprise, bienvenue,  des concepts de maladie, de médicament et de remède, aussi bien du point de vue allopathique qu’homéopathique, ce qui a le mérite de rendre à chacune ce qui lui est propre et spécifique et de mettre au jour, aussi, leur différences et convergences, ainsi que ce que peut être leur saine articulation.

On s’attardera sur le très intéressant chapitre consacré au choix thérapeutique, qui permettra au lecteur de faire le constat du fort et salutaire pragmatisme de l’auteur, animé du souci constant de toujours placer l’intérêt du patient au centre de l’activité médicale. En tout cas de la sienne.

Je passe sur de nombreuses et fort intéressantes remarques et mises au point sur la médecine, remarques faites, comme en passant, mais qui s’enracinent, il est aisé de le sentir, dans une longue pratique et une profonde méditation sur celle-ci.

Une dizaine de pages, denses et détaillées, sont consacrées à l’épineuse question des vaccins. Pages, qui, j’en suis sûr,  retiendront l’attention du lecteur, médecin ou patient, et au tournant desquelles l’attendront beaucoup. Comment éviter, sur ce sujet, la caricature, le parti pris et l’idéologie? Jacques Moreau y parvient avec, pour seule boussole, sa conscience de médecin et de pédiatre, cherchant à discerner les données fiables des douteuses et toujours animé du  souci de faire les choix qui bénéficieront au patient. Vaccins qu’il considère, disons le d’emblée, comme une découverte thérapeutique majeure mais dont il souligne, aussi, le fréquent usage détourné à des fins économiques et financières.

Le livre n’évite pas, non plus, la question des indications thérapeutiques de l'homéopathie, de son efficacité thérapeutique (avec un intéressant développement sur ce qu’il appelle « action placebo » à bien distinguer de l’effet placebo), ainsi que celle du remboursement ou déremboursement des médicaments homéopathique.  A chaque fois, il se positionne sans détour ni échappatoire, donnant ses raisons et arguments, de façon pragmatique, avec pour éternel critère, le rapport bénéfice/risque pour le patient.

Le livre se termine par une courte, mais vibrante, plaidoirie de l’auteur, désormais, avocat de la défense d’une homéopathie dont le procès ne cesse d’être fait et refait depuis l’origine. Et ce qu’il dit pour sa défense, totalement dépourvu d’animosité à l’encontre de ses détracteurs, apparait frappé au coin du bon sens, de l’ouverture d’esprit, de la rigueur et de l’humilité.

Je suis certain que, si ses lecteurs font preuve du même état d’esprit, du même souci de l’intérêt de chaque patient, en deçà de toute positionnement idéologique, ils trouveront dans ce livre de quoi nourrir leur réflexion et leur propre positionnement, d’une façon éclairée, rigoureuse mais ouverte, sans concession mais sans sectarisme.

Bonne lecture. Et merci Jacques.

 

Mise en ligne fin aout 2019

 

 

Mise à jour le Dimanche, 25 Août 2019 15:23