HALTE A LA DESINFORMATION CONCERNANT L'HOMEOPATHIE Imprimer
Écrit par Philippe Colin   
Dimanche, 06 Janvier 2013 18:00


A la suite de plusieurs lectures, et de quelques conversations, en particulier avec des patients et des étudiants en fin d’études de médecine, je me suis dit que quelques mises au point s’imposaient et devaient être publiées.

J’ai encore entendu dire récemment quelques énormités concernant l’homéopathie qui autrefois m’auraient fait bondir, mais qui maintenant m’attristent et demandent de ma part quelques réponses.

Certaines personnes bien intentionnées se permettent encore de pérorer sur des questions qu’ils ne connaissent visiblement que très mal. Quand on se veut intègre d’un point de vue intellectuel, la moindre des choses est de se renseigner en détails sur une discipline avant d’émettre des commentaires, et non pas de parler sans savoir.

Non, l’homéopathie ne peut pas être réduite à un seul placebo. Non, les posologies infinitésimales ne sont pas une simple dilution dans le lac Léman, ou dans la Seine avant et après Paris.

De nombreuses recherches en physique et en chimie, répondant aux exigences les plus strictes en la matière, montrent à l’évidence que les dilutions homéopathiques les plus hautes contiennent encore quelque chose.

De multiples expérimentations, sur les végétaux, sur les animaux, montrent que les substances homéopathiques diluées et dynamisées ont une activité nettement différente de celle du placebo.

Les expérimentations sur l’homme sont il est vrai inégales sur un plan méthodologique, mais elles aussi montrent que le médicament homéopathique a une action différente du placebo.

Le site web de la Société Savante d’Homéopathie publie régulièrement les résumés de ces dernières publications scientifiques.

L’homéopathie est une thérapeutique particulière, en ceci qu’elle tient compte de l’homme dans sa globalité, physique, psychologique et environnementale. Elle n’est pas une discipline ésotérique ou mystique ; elle ne prétend pas tout guérir. Même si elle s’accommode très mal de la classification classique des maladies, on ne peut pas affirmer qu’elle guérit tout : non, nous ne guérissons ni les cancers ni les psychoses.

L’homéopathie a toute sa place dans la médecine du 21ème siècle, mais elle ne prétend pas la remplacer : elle a pour vocation de la compléter dans certains cas, voire de la remplacer dans d’autres, en particulier en pathologie infectieuse ou allergique, ou encore dans les maladies psychosomatiques. Elle permet de soulager en partie les effets secondaires de thérapeutiques agressives comme par exemple dans les chimiothérapies.

J’entends régulièrement des phrases telles que « il faut y croire », ou bien « cela agit lentement », ou encore « il faut essayer ». L’homéopathie n’est absolument pas une question de croyance. Elle peut agir très vite dans certains cas (des études comparatives ont même montré qu’elle pouvait agir plus vite que les traitements classiques dans l’otite aiguë chez l’enfant). Mais il est bien évident qu’une maladie datant de plusieurs années ou dizaines d’années ne disparaîtra pas en quelques jours. On peut essayer un traitement homéopathique, mais on ne doit pas l’essayer sur quelques jours ou sur un seul traitement : celui-ci dépend de la globalité de la personne dans sa complexité et il faut parfois plusieurs consultations, plusieurs médecins homéopathes, pour pouvoir trouver le traitement adéquat.

Cette place dans la médecine d’aujourd’hui exige qu’elle soit exercée uniquement par des médecins qualifiés. Il faut qu’elle ait toute sa place dans les facultés, et que les médecins la pratiquant soient performants dans leur art, et continuent à se perfectionner sans arrêt tout au long de leur carrière.