Rédacteurs



I HAD A DREAM PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Philippe Colin   
Vendredi, 01 Mars 2013 08:19

Le texte qui est présenté ci-dessous a été écrit en 2005 et a servi d’éditorial au numéro 4 de l’Homéopathie Européenne de la même année (revue médicale homéopathique actuellement disparue).

Une de ces dernières nuits, j’ai fait un rêve qui m’a laissé songeur, si je puis dire.

J’étais  en voyage dans un pays étranger qui s’appelait Homéoland, où l’homéopathie fleurissait dans de nombreux domaines, en agriculture et en médecine en particulier ; chacun préparait lui-même les médicaments dont il avait besoin, cherchait et expérimentait de nouvelles substances pour améliorer cette prise en charge. Puis quelques personnes se spécialisèrent dans cette fabrication pour aider ceux qui n’avaient pas le temps ou les moyens de continuer dans cette voie, tout semblait idyllique dans ce rêve.

Mon rêve devait se continuer de manière moins agréable : ceux qui, au départ, voulaient aider, commencèrent à vouloir régenter les choses : des substances qui étaient pourtant utiles devenaient indisponibles, la formation, qui au départ était uniquement associative, devenait de plus en plus assurée par ces personnes-là. Le nombre de remèdes enseignés baissait de plus en plus, et le nombre d’affections que l’on pouvait soigner rétrécissait comme peau de chagrin. Je me réveillais en pleine nuit me demandant ce qui se passait.

En me rendormant, je continuais ce rêve de drôle de façon : je me trouvais dans une fabrique clandestine de médicaments homéopathiques, j’assistais à un enseignement diversifié qui permettait de soigner des pathologies sérieuses...

Et si ce rêve était une réalité dans notre pays ? Le nombre de souches baisse régulièrement. Une école indépendante ferme dans ma région cette année, il existe une concurrence inutile et très contestable entre fmc associative et fmc labo. Et je commence à entendre des discours parfois dangereux, induits par cette situation, de gens qui veulent rentrer en résistance.

Cet éditorial était prémonitoire de la situation du médicament en ce début d’année 2013 : une législation européenne se met en place et aboutit à la suppression de nombreuses souches homéopathiques qui étaient très efficaces  pour soigner correctement nos patients. Puis, le principal laboratoire homéopathique français en profite pour retirer du marché des dilutions très utiles en pratique quotidienne, concernant un grand nombre de remèdes restant disponibles.

La suppression de ces dilutions ainsi que de certaines souches nuit à l’exercice de la médecine homéopathique et est préjudiciable aux personnes désireuses d’être soignées par cette thérapeutique. En tant que médecin homéopathe, pour qui prime avant tout la santé de mes patients, je ne peux que m’élever contre une telle situation, et me pose vraiment des questions sur l’avenir de l’homéopathie.

Dr Philippe COLIN