L'ANIMAL, LE VEGETAL ET LE MINERAL DANS L'HOMME PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Philippe Marchat   
Dimanche, 30 Octobre 2011 22:01

L'animal, le végétal et le minéral dans l'homme

Écrit par Philippe Marchat

Lundi, 01 Novembre 2010 15:56


L’utilisation et l’efficacité de nos souches homéopathiques  témoigne d’une très grande intimité entre être humain, animaux, végétaux et minéraux. Certains auteurs modernes fondent d’ailleurs leurs avancées cliniques, réelles ou supposées, sur celle-ci.  Cependant, leur propos, s’il a, souvent, un réel intérêt clinique, ne me paraît guère satisfaisant tant ces auteurs préfèrent en rester concernant cette parenté, à  une incantation oscillant entre la poésie, les traditions millénaires et l’idéologie. Or, nous avons la possibilité, aujourd’hui, de faire converger les intuitions millénaires et les connaissances scientifiques les plus modernes et les plus rigoureuses. Nous avons les moyens de ré-enchanter le monde sans risque de dérive.

L'homéopathie pourrait ainsi contribuer à bouleverser la conception scientifique de l’être humain. D’une manière radicale, révolutionnaire.

Mais commençons par le commencement. Du moins par ce que nous en savons.

Evolution et génétique du développement : la présence de structures pré-humaines chez l’être humain

Les astrophysiciens supposent que l’Univers actuel date d’il y a une quinzaine de milliards d’années. Si la théorie du Big-bang est désormais bien connue, son nom même témoigne, qu’à l’origine, elle a suscité moquerie et dérision. Cependant, le plus large accord se fait, actuellement, pour valider cette thèse qui  affirme que l’origine de notre univers relève d’une immense explosion cosmique ayant libéré une énergie prodigieuse et propulsé un « immense océan de chaleur et de lumière ». A cet instant inaugural, « la température atteint des milliards de milliards de degrés …et dans ce bain incandescent, se forment d’imperceptibles grains d’énergie : les quarks . Une seconde après l’immense explosion, la force nucléaire forme les noyaux d’atomes ». Il faudra ensuite attendre un million d’années pour que la force électromagnétique crée les atomes. Ces premiers atomes seront constitués à 90 % d’atomes d’hydrogène et de 8 à 9 % d’atomes d’hélium (ce sont les deux atomes les plus simples, fait de seulement un noyau à un ou deux protons et un et deux électrons périphériques respectivement). Les 1 à 2 % restants, se répartissent en une centaine d’atomes différents, tous en très infime quantité. L’univers est alors constitué d’immenses nuages gazeux. La formation des étoiles et des galaxies se produit environ 1 milliard d’années plus tard, il y a donc 14 milliards d’années. Parmi les milliards de galaxie crées, la notre, la Voie Lactée. Notre soleil se forme, lui, il y a 5 milliards d’années, soit près de dix milliards d’années plus tard ! Puis, il y a 4,6 milliards d’années, se forme notre planète. En fonction de leur proximité ou de leur éloignement du soleil, les planètes se refroidissent peu à peu. Sur Terre, les vapeurs d’eau se condensent en pluie et tombent au sol. Ceci aboutit, il y a environ 4 milliards d’années, à ce que notre planète soit recouverte à 70 % d’eau.

A -3 milliards 500 millions d’années, les premières cellules (sans noyau) se forment à partir des atomes de minéraux. Deux hypothèses sont évoquées pour rendre compte de leur origine. Soit leur apparition au fond des océans, près des volcans sous marins, dans une eau très chaude. Ces premières cellules se seraient alors « nourries » de dérivés du soufre s’échappant de ces cratères sous marins. Une autre hypothèse envisage que ces premières cellules aient été amenées par des poussières cosmiques et/ou des astéroïdes. Pour notre propos, trancher entre ces deux origines importe peu. L’essentiel est de savoir que la formation des premières cellules organiques s’est effectuée à partir des molécules inorganiques disponibles alors. Que les prémisses de ce que nous appelons la vie émerge d’une organisation lente et complexe de l’inanimé, de l’inerte.

D’ailleurs, cette « création » a été réalisée, de manière reproductible, par des expériences en laboratoire. En 1953, Miller, chimiste américain introduisit dans une sphère des mélanges gazeux identiques à ceux ayant dus exister dans l’atmosphère primitive. On y trouvait notamment du méthane, de l’ammoniac, de l’hydrogène, de la vapeur d’eau, etc. Durant une semaine, il soumit ces mélanges gazeux à de violentes et répétées décharges électriques de 60 000 volts, l’équivalent des décharges électriques survenant dans l’atmosphère primitive. Au terme des huit jours d’expérimentation, il recueillit un liquide condensé de couleur rougeâtre. A l’analyse biochimique, celui-ci se révéla contenir d’importantes quantités d’acides aminés, les « briques élémentaires » de toute matière vivante. Le passage de la matière inorganique, de l’univers minéral au monde biologique était réalisé.

Cette expérience, et plusieurs autres, montrent que les « briques élémentaires » de la vie se forment spontanément lorsque l’environnement est favorable à partir de molécules carbonées simples. Je rappelle, ici, que vingt acides aminés seulement constituent la matière première de toute vie, qu’elle soit végétale ou animale, et, bien sur, humaine. Ces expériences suggèrent donc, en accéléré et en laboratoire, comment a pu se faire le passage du minéral au biologique, de l’inanimé à l’animé, du minéral au vivant. En observant des roches sédimentaires datant de cette période en microscopie électronique, on a d’ailleurs découvert des cellules organiques simples, sans noyau, et ressemblant à des bactéries.

L’important est de ne pas perdre de vue la longue généalogie, la longue diversification et complexification qui mène au vivant, et, pour ce qui nous intéresse, à l’être humain.

Il y a 2 milliards d’années, le développement d’êtres unicellulaires s’établit en milieu aquatique (océans et lacs). Au bout d’1 milliard 500 millions d’années apparaissent les premières cellules à noyaux (ou eucaryotes). On remarquera, au passage, que l’acquisition capitale de la membrane nucléaire a demandé deux fois plus de temps (deux milliards d’années) que le passage de l’inanimé à l’animé. (un milliard d’années). Ceci est très important car l’invention de la membrane cellulaire va permettre une large autonomisation des structures vivantes suivantes et une spécialisation plus grande de leurs fonctions et capacités.

On appelle protiste, les premières cellules uniques à un noyau. 70 000 « espèces » différentes de protistes sont identifiées à ce jour. Elles constituent l’élément de base, la fondation  de toutes les lignées végétales et animales à venir, l’origine de tous les animaux et tous les végétaux. On aperçoit, ici, la parenté intime entre l’animal et le végétal.

Il y a 700 millions d’années, se produit l’apparition des premiers pluri-cellulaires. L’éponge, par exemple, qu’on ne peut classer ni comme animal ou végétal puisqu’elle possède des propriétés des deux règnes. En fait, c’est l’apparition de la mobilité qui constitue la caractéristique principale des animaux. Et c’est cette propriété de se mouvoir qui va entraîner la différenciation apparente extrême entre animal et végétal mm si un regard plus nuancé et subtil permet, aujourd’hui encore, de discerner leur intime proximité. Leur naissance se fait dans le fond des océans sous formes d’animaux sans coquilles : vers, calmars, poulpes, seiche. D’autres apparaissent, ensuite, avec coquille, les arthropodes : ce sont des  animaux minuscules, sans colonne vertébrale mais avec carapace et pieds articulés. Ce sont les ancêtres aquatiques des crabes, des crevettes et des écrevisses. D’autres animaux, résolument terrestres, apparaissent, les ancêtres des scorpions, des araignées, des milles pattes  et de tous les insectes. Insectes qui, on l’ignore trop,  représentent, encore de nos jours, les trois quarts des espèces animales de la planète puisque l’o en dénombre 800 000 espèces différentes !

Cette évolution s’accompagne du développement de l’appareil respiratoire avec trachée et bronches. A noter que celui-ci constitue une sorte d’arbre respiratoire et que les alvéoles pulmonaires exercent une fonction très semblable aux feuilles d’un végétal pour les échanges gazeux (avec, juste, inversion entre les échanges, O2 contre CO2).

Puis survint la formation des vertébrés, dont on dénombre, aujourd’hui,  50 000 espèces différentes. Pas moins.

L’apparition des animaux terrestres se produit à partir des animaux aquatiques. Ceux-ci tentant une sortie sur terre. Peu à peu leurs nageoires se transformeront en pattes, des poumons apparaîtront. A noter, qu’en 1938, a été pêché, vivant, un cœlacanthe, sorte de poisson à pattes possédant des poumons non encore fonctionnels, qui constitue, de fait, un véritable fossile vivant ! Montrant que l’évolution s’est faite lentement en juxtaposant des formes mixtes, intermédiaires entre animaux aquatiques et terrestres. Les eaux, jusqu’alors  peuplées d’animaux marins, vertébrés, de poissons et d’amphibiens donnent donc naissance aux reptiles, aux oiseaux, aux mammifères, aux primates et aux humains.

Vers – 430 millions d’années, s’effectue le passage de la flore aquatique à la flore terrestre. Cette « sortie » de l’eau survient d’abord, fort logiquement, sur les rivages, à proximité du milieu d’origine, sous forme de mousses, de fougère, de champignons, de conifères, etc. Des structures avec racines et feuilles se développent afin de  « puiser » dans la terre et le ciel les ressources indispensables à leur développement. Les racines puisent les sels minéraux nécessaires à la vie. Par les feuilles se produit la réception de l’énergie lumineuse du soleil, énergie nécessaire aux processus d’assimilation des sels minéraux, de production de matière organique et d’oxygène. La vie terrestre, telle que nous la concevons aujourd’hui, est donc complètement issue de la mer. Je rappelle, à ce propos, que l’eau de mer et le sang ont des compositions chimiques très proches et que la procréation humaine ne peut se faire que dans un milieu similaire au milieu marin.

Il y a 360 millions d’années, donc,  des vertébrés passent de la vie aquatique à la vie terrestre. Apparaissent amphibiens, batraciens, reptiles, oiseaux puis, plus tard, les mammifères au sein desquels, beaucoup plus tard encore, apparaîtra, enfin, l’homme. Notons, qu’il a fallu plus de 100 millions d’années pour qu’aboutisse l’adaptation de la vie aquatique à la vie aérienne, adaptation qu’une larve de grenouille effectue, aujourd’hui,  en trois semaines !

Il y a 7 à 8 millions d’années apparaît, parmi les primates, l’ancêtre commun aux trois espèces suivantes : gorille, chimpanzé et australopithèque. L’ancêtre de l’homme est âgé de  2 millions d’années : homo habilis. De 2 millions d’années à il y a 35 000 ans, se produit l’évolution des hominiens (homo habilis, erectus, sapiens neandertalis, et enfin sapiens sapiens). Il y a 30 000 ans, apparaît l’homme de Cro magnon. Les grottes de Lascaux sont peintes il y a 17 000 ans. La sédentarisation de l’espèce se produit il y a 10 000 ans.

Que le nouveau s’est toujours fait par intégration/dépassement de l’ancien :

L’essentiel à retenir de ce bref survol de l’évolution est que la nature toute entière présente une remarquable continuité. N’oublions pas que cette formidable continuité ne concerne pas seulement les espèces animales, entre elles, et les espèces végétales, entre elles,… mais rappelle aussi la parenté intime entre espèces animales et végétales et leur filiation à partir du monde minéral !

C’est le moment aussi de rappeler que, d’une certaine façon, durant son développement intra-utérin, l’embryon humain refait, « en accéléré », l’extraordinairement lent processus d’hominisation en passant par des phases de développements dans lesquelles il présente des branchies, des mains et des pieds palmés, vieux « souvenirs », vieilles traces, vieux « restes » de ses ancêtres aquatiques.

Mais le plus capital à garder à l’esprit est indiscutablement le fait que le nouveau s’est toujours structuré sur l’ancien, élaboré à partir de celui-ci,  qu’il n’a jamais complètement rompu avec lui. Structurellement, c’est, aujourd’hui, largement admis scientifiquement. Mais,  fonctionnellement ?

La naïveté de la biologie moderne :

Un fait m’étonne depuis longtemps. C’est que, malgré toute la connaissance de cette généalogie humaine, les sciences de l’homme  considèrent toujours celui-ci comme totalement humain. Jamais nos sciences n’ont véritablement considéré la possibilité que les structures pré-humaines présentes chez l’être humain puissent jouer un rôle considérable dans ce qu’il possède de plus spécifiquement humain.

Bien sur, on objectera la connaissance des trois couches constitutives du système nerveux central humain avec, notamment, l’importance accordée au cerveau reptilien. Mais celui-ci ne se voit attribué qu’un rôle basique, archaïque. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître la persistance de quelques fonctions « animales » basiques. Il s’agit de voir que des fonctions basiques sont présentes partout, et tout le temps, et qu’elles ne sont pas que reptiliennes, mais renvoient aux poissons, aux oiseaux, aux insectes, aux araignées, etc. donc à tout le règne animal mais aussi à l’univers végétal et minéral. De même pour les travaux d’éthologie humaine et/ou d’éthologie comparée. Les rapprochements sont, toujours, vagues et très généraux.

La question à se poser est: ces structures pré humaines ne sont-elles  que de simples fossiles, de simples vestiges, des archives, témoins d’une évolution qui les a rendus totalement obsolètes ou sont-elles fondamentales, actives chez l’être humain et d’une importance actuelle primordiale ?

Ce que montre, selon moi, la confrontation de la clinique homéopathique, l’examen de la nature de son arsenal thérapeutique et les données biologiques et génétiques modernes, est que c’est toute la vie humaine, jusque dans ses dimensions apparemment les plus évoluées, les plus raffinées, qui est colorée, mieux, largement structurée et orientée, par les structures pré humaines.

Cette question m’occupe depuis pas mal de temps et je me demande, parfois, si c’est moi qui suis particulièrement naïf ou si c’est la communauté scientifique qui est particulièrement aveugle ou trop obnubilée par ce qu’elle connaît déjà et qui manque de la curiosité nécessaire pour  apercevoir ce que d’apparentes évidences recèlent.

La clinique homéopathique ou l’actualité des structures pré-humaines de l’être humain :

Le saut que la clinique et l’arsenal thérapeutique homéopathiques invitent à franchir est d’adhérer à la thèse que l’être humain n’a jamais rompu fonctionnellement avec sa généalogie évolutive. Que le fonctionnement le plus humain, le plus évolué, s’est constamment élaboré à partir de fonctionnements pré humains toujours à l’œuvre.

En effet, tout le savoir scientifique moderne témoigne du fait que l’être humain n’est qu’un des éléments de « l’immense chaîne de solidarité des mondes animal et végétal » et que nous sommes, nous aussi, « tributaires des cycles de l’azote, du carbone et de l’oxygène, donc de la providentielle photosynthèse placée sous la tutelle du soleil ».

Tout indique donc que rien dans l’homme n’est si original, ni si spécifique en soi. Que la spécificité humaine n’est pas ce que l’on croit. Surtout, que l’apparentement de l’être humain à la totalité de l’univers est un fait marquant et essentiel. Seul le degré de complexité de l’organisation de ses éléments et structures diffère.

Il semble donc que le très lent processus de l’évolution a mis en silence, chez l’être humain, certaines structures archaïques et en a « perfectionné » d’autres. Mais, aussi propres à l’être humain que puissent paraître certaines de ces structures, il convient de ne jamais oublier que cette évolution vers l’humain s’est toujours effectuée à partir de structures antérieures pré humaines.

Le nouveau n’a jamais effacé l’ancien mais s’est toujours appuyé, voire « greffé », sur lui. L’humain n’a donc jamais complètement effacé l’animal, le végétal et le minéral puisque, par exemple, le mammifère n’a pas totalement rompu avec le reptile ou le poisson. De même, l’animal, lui même, n’a pas rompu avec le végétal et animaux et végétaux, tous deux issus d’ancêtres unicellulaires communs, ne sont, en dernière analyse, constitués que de matière inorganique qui constitue la base de la matière organique.

Les structures pré humaines présentes en l’homme sont donc primordiales et d’une activité fondamentale.

D’ailleurs, à bien y réfléchir, c’est le contraire qui serait étonnant. L’étonnant, l’illogique, serait que tant de proximité, tant d’intimité ne s’expriment jamais, ne se manifestent, au plan fonctionnel et comportemental, d’aucune façon « visible ». Qu’il ne s’agisse que d’une proximité extrêmement fondamentale dont rien, ou presque, ne transparaîtrait au plan du comportement quotidien et de la façon d’être des humains. L’étonnant, l’incroyable, serait qu’un étayage aussi intime de l’humain sur le pré-humain ait abouti à un fonctionnement « purement » humain ne laissant aucune « trace » de fonctionnement pré-humain.

L’être humain, patchwork génétique et structurel :

Plusieurs  milliards d’années d’évolution biologique ont donc laissé leurs traces et fondations en l’homme.  Et l’être humain est le fruit d’une évolution pré-humaine ou non-humaine à 99.9 %. De plus, chacun de nos gênes semble « hérité » d’un ancêtre différent.

L’être humain est donc une sorte de patchwork génétique. Il s’est construit sur des éléments reptiliens, est apparenté aux oiseaux et aux poissons (puisque c’est à partir de poissons sortis de l’eau au long des millions d’années que les animaux terrestres sont apparus), etc. Mais ces animaux sont, eux mêmes, issus d’algues, elles mêmes issues de molécules anorganiques, etc.

Toute cette proximité génétique, ce partage, en plus, de tant de molécules homotétiques, de tant de protéines communes, d’enzymes partagés, etc. qu’il faudrait être bien naïf pour imaginer que toute cette partie immergée de l’iceberg humain ait abouti à un comportement, des sensations, des relations environnementales et inter-subjectives « purement » humaines, sans aucun lien ni proximité repérable avec les comportements, sensations, relations, etc. animales ou végétales.

A partir de ces données, nous pouvons donc effectuer un pas dans la compréhension de la bio-logique de l’être humain (et aussi de l'homéopathie). Mais ceci suppose de passer du constat d’une généalogie structurelle fondamentale à celui du repérage de la permanence du fonctionnement de ces structures et fonctions au sein même des fonctions et comportements les plus « humains ».

 

Enjeux et problématiques vitales pré humaines de l’être humain : éclairage sur l’évolution de l'homéopathie contemporaine :

Il est donc logique que l’être humain soit traversé par des enjeux pré humains. C’est, pour moi, l’occasion de m’étonner du fait que les auteurs homéopathes contemporains les plus innovants ne cessent de recourir à de vieux concepts plus ou moins anachroniques, voire « ésotériques », pour « justifier » leur travail au lieu de puiser dans cette parenté biologique extrêmement forte et intime. Qu’ils se contentent de simples analogies au lieu de voir tous les trésors que celles-ci, trop faciles, masquent.

La clinique homéopathique contemporaine témoigne ainsi, à sa façon, mais dans la plus grande ignorance de ses fondements, d’enjeux pré humains chez l’être humain. Certes, certains auteurs classiques y avaient déjà fait allusion, mais c’était le plus souvent en passant : l’intuition était là, une correspondance était soulignée mais les choses n’allaient pas plus loin.

La présence d’enjeux et de problématiques fondamentales, donc vitales, pré humaines chez l’être humain est désormais défendues, plus ou moins explicitement, par nombre d’homéopathes contemporains. Mais ceci, hélas, toujours d’une manière non ou mal conceptualisée, trop intuitive.

Au lieu de mettre leurs intuitions dans une perspective scientifique, au lieu d’en faire des instruments d’ouverture sur les disciplines citées, ils se sont enfermés dans leur invocation rituelle de l’énergie vitale, voire dans des dérapages dogmatiques et idéologique très critiquables et nuisibles (je pense à Masi et à ses disciples de l’AFADH). Reste le très grand intérêt clinique de beaucoup de ces travaux. Ce qui est énorme. Je pense, bien sûr, aux travaux de (par ordre alphabétique et pour ne citer que les six auteurs ou groupes d’auteurs dont j’utilise, dans ma pratique et ma réflexion théorique, les intuitions cliniques) : Brunson, Mangialavori, Masi (et ses élèves et disciples de l’AFADH), Sankaran, Scholten et Shore. Que ceux que j’oublie m’excusent (cet oubli ne reflète que mes manques, non un jugement sur leur travail).

 

Enjeux scientifiques et épistémologiques.

La dimension pré humaine présente en chaque être humain n’a rien de magique ni d’ésotérique. Elle est la présence actuelle et vivante, en chacun, de structures fondamentales héritées de l’évolution de l’humanité.

Ce vécu fondamental, archaïque, pré humain est au fondement même de l’humain. Surtout, il est constitutif de l’humain. Il est la part, immense, la plus grande, que nous partageons avec le reste de l’univers.

En effet, si l’être humain se caractérise surtout par son évolution neurologique et cérébrale, par l’apparition du néo-cortex, fameuse substance grise que l’on retrouve telle une écorce à la périphérie du cerveau, qui a développé de manière extraordinaire et sans comparaison possible les performances intellectuelles de l’être humain, ce perfectionnement cérébral ne disqualifie pas plus qu’elles ne rendent caduques le fonctionnement instinctivo-biologique de base de l’être humain.

Notons que la clinique homéopathique et une réflexion à approfondir sur ses relations à son arsenal thérapeutique enseignent clairement que les structures pré humaines dans l’être humain ne se limitent pas aux structures animales des espèces les plus proches. Elles incluent tout le spectre du règne animal. Elles incluent également de très nombreux aspects végétaux (relation à l’écosystème sous le registre des modalités générales notamment). Et également des caractéristiques, des lignes de force, des orientations directement analogues aux éléments du monde minéral. Voila la contribution extraordinaire que l'homéopathie pourrait effectuer au renouvellement de l’horizon scientifique des sciences de la vie sous toutes ses formes et … à la physique, sans doute.

Cette réflexion pourrait, également, permettre de reconsidérer la conception actuelle de la maladie. Bons nombre de maladies pourraient ainsi être envisagées comme des régressions de l’être humain à des fonctionnements pré humains. Disons, pour utiliser une métaphore informatique, que l’organisme humain semble pouvoir fonctionner selon des « configurations », des  modes, des « logiciels » variées, tous hérités de notre évolution biologique. Certains très récents, d’autres beaucoup plus anciens, les plus récents étant toujours « configurées » sur et à partir des plus anciens. Devant telle ou telle difficulté, voire impossibilité de faire face à une situation (notamment de la vie interpersonnelle et sociale), l’organisme humain pourrait se mettre à fonctionner sur des modes plus archaïques (relevant de la prescription de la souche homéopathique correspondante).

L'homéopathie pourrait donc ouvrir un horizon de connaissance particulièrement riche et inattendu. De nombreux  symptômes, manifestations, signes, que l’on rencontre, quotidiennement en clinique humaine semblent directement « appartenir » à l’animal,  au végétal ou au minéral à prescrire, sous forme de médicament, au patient, comme, donc, si la correspondance profonde et intime entre le patient et ce qu’il est convenu d’appeler la souche médicamenteuse dont il a besoin n’existait pas seulement en tant que donnée thérapeutique quotidienne mais devait être envisagée en tant que donnée biologique et scientifique fondamentale.

 

 

Mise en ligne le Mardi, 23 Novembre 2010 12:09