ALUMINA PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Philippe Colin   
Dimanche, 11 Septembre 2011 16:59

ALUMINA

 

Alumina est un remède que j’utilise beaucoup plus souvent  depuis quelques années à la suite principalement de deux lectures : les travaux de Jan Scholten d’une part, et un ouvrage sur la psychologie de l’enfant allergique d’autre part.

Nous allons dans un premier temps voir ce que disent nos matières médicales de référence pour ensuite insister sur les possibilités qu’offre ce remède en plus des indications traditionnelles.

 

RAPPEL DE MATIERE MEDICALE

Nous partirons de l’encyclopédie de TF Allen, qui a repris fidèlement les travaux originels de Samuel Hahnemann, en terminant par étudier ce que peuvent ajouter Clarke, Hering et Vermeulen. Les symptômes en italique et en caractères gras ont été valorisés par Allen.

 

Psychisme

Esprit léger, les pouvoirs intellectuels et physiques semblent augmentés (1er jour).

Il prend tout dans le pire des sens et hurle constamment.

L’enfant pleure constamment malgré lui, pendant une demi heure.

Déprimé comme par un chagrin, tôt le matin au réveil ; la conscience n’est pas claire. Veut rester seul.

Soupirs et grognements involontaires, comme par une importante douleur, sans en avoir conscience.

Il pense qu’il ne va pas retrouver sa bonne santé. Il se sent déprimé du fait de sa maladie.

Elle se sent constamment possédée par de mauvaises pensées qui l’obligent à pleurer ; en même temps, elle se sent mal à l’aise et angoissée, comme si quelque chose de mal allait lui arriver. Tout ce qu’elle regarde la remplit de tristesse.

En voyant du sang ou des couteaux, d’horribles pensées affluent dans son esprit ; elle pense par exemple qu’elle va se suicider, alors qu’elle en a la plus grande aversion.

Ennui intolérable, une demi heure lui semble une demi journée.

Humeur sérieuse, anxieuse.

Anxiété avec oppression, tête vide, confusion et pression dans le front.

Anxiété avec chaleur externe et malaise comme si elle fait quelque chose de mal. Anxiété comme s’il avait commis un crime.

Malaise le soir comme si un malheur allait survenir.

Extrêmement effrayé, sursaute en entendant la moindre chose tomber.

Il a peur de perdre ses pensées et sa compréhension.

Mécontent de tout, se sent au désespéré.

Mauvaise humeur, elle rouspète sans arrêt.

Rien ne lui fait plaisir.

Mauvaise humeur et gémissements. Extrêmement obstiné et de mauvaise humeur.

Opposé aux souhaits des autres.

Elle est de très mauvaise humeur et tout lui est offensant ; elle ne désire rien d’autre que de se quereller et de faire des histoires.

La personne est très fatiguée, surmenée, et néanmoins mécontente comme si on n’en avait pas fait assez.

Il se moque de tout le monde avec mépris.

Son humeur change beaucoup. Humeur changeant fréquemment pendant la journée, parfois assurance, parfois timidité.

Augmentation de l’animation, alternant avec esprit absent, avec une diminution ou une disparition de l’ouïe, de la vue et de la pensée.

Il se trompe constamment en parlant. Manque d’attention en lisant, l’esprit ne peut pas se fixer sur un objet. Incapacité d’une pensée connectée. Incapacité et indisposition pour le travail mental.

Manque de disposition à toute forme de travail, avec ennui le matin.

L’esprit est occupé avec toutes sortes d’objets mais aucun ne laisse un souvenir précis.

Absence de mémoire pendant de nombreuses semaines ; importante et continuelle faiblesse de la mémoire ; oublis frappants.

Importante stupeur avec peur de tomber en avant.

 

Hering reprend les mêmes symptômes que TF Allen, en plaçant en tête de son chapitre « mind » tous les symptômes liés à la confusion et aux troubles intellectuels. Clarke est plus fidèle à TF Allen, ajoutant un symptôme particulier : « sensation comme si la conscience de soi était située en dehors du corps ». Soulignons que, une fois de plus, TF Allen est le plus fidèle de tous à la matière médicale d’Hahnemann.

Vermeulen reprend la valorisation de Hering concernant les troubles liés à la confusion et au déficit intellectuel, en insistant sur la lenteur d’exécution alors que le sujet est pressé (ce qui est une interprétation du symptôme d’Hahnemann « ennui insupportable, une heure lui semble une demi journée »).

Scholten insiste lui aussi sur la confusion, symptôme clé de ce remède pour lui.

 

Symptômes physiques

Afin d’éviter une longue liste de symptômes peu attrayante pour le lecteur, nous allons faire un résumé de ce qu’écrit TF Allen, en insistant sur les symptômes que celui-ci a valorisé (inscrit en italique comme dans le chapitre précédent) et sur ceux qui nous ont paru particuliers.

 

Tête

Confusion, vertiges, nombreux types de céphalées (douleurs piquantes dans le cerveau, douleur de pression avec chaleur du front, douleurs pulsatilles du vertex, pression comme par un chapeau trop étroit).

Yeux

Strabisme des deux yeux.

Conjonctivite purulente, larmoiement abondant.

Chute des sourcils ; sensation de tremblement des sourcils ou de l’œil gauche comme s’il allait tomber, obligeant à se tenir l’œil.

Important signe négatif : on ne retrouve pas de sècheresse oculaire.

Oreilles

Chaleur et rougeur de l’oreille pendant de nombreux soirs.

Douleurs piquantes des oreilles surtout le soir.

Sensation de quelque chose reste devant l’oreille, superficiellement.

Otite purulente.

Oreille bouchée en se mouchant, se débouche en avalant.

Craquements dans les oreilles, acouphènes (sifflements, son de grosse cloche), parfois avec selles plus solides que d’habitude.

Nez

La cloison nasale est enflée, rouge, et douloureuse au toucher.

Oedème et dureté de l’aile gauche du nez avec douleur au toucher.

Narines ulcérées ; nez bouché.

Coryza avec sècheresse du nez et de la bouche, obstruction nasale, ou violents éternuements avec ou sans écoulement, cet écoulement est muqueux ou purulent formant des croûtes. Epistaxis, prurit des narines.

Face

Alternance rapide de rougeur et de pâleur du visage. Bouffées de chaleur.

Le visage lui semble enflé ou plus grand, ce qui lui gêne la vue.

La peau du visage est tendue, même autour des yeux, comme si du blanc d’œuf avait séché sur lui ; après dîner, en marchant au grand air.

Sensation comme si le menton était recouvert d’une toile d’araignée.

Lèvres crevassées (sèches).

Nombreux types d’éruptions, avec prurit important.

Tiraillement dans les mâchoires et les joues, avec augmentation de sécrétion de la salive

Bouche

Mucus épais de mauvaise odeur sur les dents.

Ulcérations des racines de toutes les dents. Douleurs dentaires en mâchant.

Sensation de dents froides ; sensation comme si les dents étaient trop longues.

Oedème des gencives ; ulcère qui saigne et laisse un goût salé ; saignement des gencives.

Langue blanc-jaunâtre avec goût amer.

Nombreux petits ulcères ; douleurs brûlantes.

Au réveil la bouche est sèche et colle au palais.

Sècheresse de la bouche bien que la salive ne manque pas.

*Augmentation de sécrétion de la salive (symptôme cité 6 fois).

Présence de mucus abondant, d’eau, de mucus aigre, de salive aqueuse qu’il est obligé de cracher toute la journée.

Goût amer, métallique, de vase. Tout ce qu’elle mange semble sans goût, le pain a le goût d’une éponge, la viande semble sans goût, la bière semble amère et rend nauséeux.

Gorge

Rougeur inflammatoire de la partie postérieure de la gorge.

Collection de mucus épais visqueux dans la gorge, surtout le soir et le matin au réveil, qui augmente la douleur de la gorge ; le patient s’éclaircit souvent la voix et ne peut cracher ce mucus que par petits morceaux et avec beaucoup d’efforts.

Le soir, sècheresse de la gorge, qui entraîne un éclaircissement fréquent de la gorge.

Sècheresse et râclage de la gorge. Importante sècheresse de la gorge, de la bouche et des lèvres, comme si elles étaient parcheminées, avec une soif torturante.

Pression dans la gorge comme par une masse, avec douleur, voix rauque et sécheresse de la gorge.

Douleurs de la gorge en avalant

Sensation de constriction de l’œsophage à l’estomac, chaque fois qu’il avale une bouchée.

Douleurs violentes pressive comme si une portion de l’œsophage était contractée ou comprimée, dans le milieu de la poitrine, particulièrement pendant la déglutition, mais aussi sans avaler, avec oppression thoracique alternant avec palpitations cardiaques, spécialement après un repas.

Estomac

Appétit augmenté ou anorexie. Aversion pour la viande.

Eructations, hoquet, nausées, vomissements, brûlures et douleurs diverses.

Abdomen

Douleurs hépatiques en se penchant en avant ; douleurs abdominales diverses.

Selles et anus

Le rectum semble paralysé. Le rectum est inactif, comme s’il n’avait pas de mouvements péristaltiques, et qu’il n’avait pas assez de force pour expulser ce qu’il contient.

Hémorroïdes, ténesme.

Brûlures de l’anus. Sensation d’excoriation dans l’anus après la selle avec contraction de l’anus et du rectum. Sensation comme si le rectum était asséché et serré. Prurit et brûlure de l’anus.

Douleurs  comme par des aiguilles. Transpiration du périnée.

Diarrhée avec ténesme. Présence de sang dans les selles ou mucus sanguinolent pendant ou entre les selles. Le symptôme diarrhée est cité 8 fois en tout.

Selles couvertes de mucus blanc précédé d’oppression dans la région de l’estomac qui cesse immédiatement après l’évacuation.

Evacuation d’une petite quantité de selles dures avec pression et sensation d’excoriation dans le rectum. Selles trop peu abondantes. Selles tous les deux jours, solides, parfois mélangées à du sang. Evacuation difficile de selles dures et comme des baies de laurier, avec douleurs coupantes dans l’anus comme s’il était trop étroit.

Appareil urinaire

Sensation de faiblesse dans la vessie et l’appareil génital ; il a peur de mouiller son lit.

Sensation de sécheresse dans l’urètre, de chaleur, de brûlure, démangeaisons parfois voluptueuses.

Envies pressantes d’uriner, douleurs en urinant ; urines pâles, ou avec un mucus épais blanchâtre, ou avec un dépôt comme du sable rouge.

Pendant ses règles, elle était obligée d’uriner fréquemment jour et nuit, ce qui était corrosif pour les organes génitaux.

Organes sexuels

Libido augmentée ou absente.

Leucorrhée acide avec brûlure dans les organes génitaux et encore plus dans le rectum, avec amélioration en se lavant à l’eau froide.

Leucorrhée claire ou purulente.

Cycles courts ou règles avec dix jours de retard ; règles peu abondantes.

Appareil respiratoire

Mucus dans les voies respiratoires, qui nécessite d’éclaircir la gorge, ce qui ne permet de détacher qu’une petite partie.

Sifflement en respirant. Irritation dans le larynx qui entraîne de la toux.

Elle prend froid facilement dans la chambre ; elle s’enroue, ceci diminue en marchant au grand air.

Toux sèche la nuit, avec sécheresse de la gorge.

Toux sèche et pénible, continuelle, avec vomissements et arrêt de la respiration.

Toux grasse avec expectoration de mucus parfois mélangé à du sang.

Thorax

Nombreux types de douleurs. Douleur oppressive dans la poitrine.

Palpitations le matin au réveil avec anxiété.

Cou et dos

Nombreux types de douleurs.

Prurit de la nuque et de la gorge.

Douleurs dans le dos comme si un fer chaud était jeté à travers les vertèbres basses.

Douleurs de meurtrissure dans le dos et la région lombaire.

Extrémités

Tremblements de tous les membres.

Douleurs diverses, douleurs comme par une foulure de l’épaule, particulièrement en levant le bras.

Ongles extrêmement friables.

Rongement sous les ongles, avec sensation de reptation le long du bras remontant jusqu’aux clavicules.

Importante lourdeur des membres inférieurs ; il peut à peine les remuer ; il trébuche en marchant et est obligé de s’asseoir ; le soir.

Tension continuelle et de longue durée dans les cuisses et dans les jambes, presque comme une crampe, irradiant vers le bas.

Crampes fréquentes dans les  mollets.

Douleurs de la plante des pieds à la marche comme si elles étaient trop molles et enflées.

Engourdissement dans les talons en marchant.

Prurit des orteils, comme s’ils avaient été gelés.

Généralités

Mouvements involontaires. Lassitude avec tremblements. Tous les membres semblent paralysés.

Démarche lente trébuchante comme après une maladie sévère.

Envie insurmontable de s’allonger.

Peau

Les petites blessures de la peau deviennent douloureuses et enflammées.

Eruptions diverses : papules, furoncle sur le nez, vésicules, croûtes sur la lèvre inférieure.

Mains rugueuses, crevassées, saignant facilement.

Prurit insupportable de tout le corps, particulièrement lorsqu’il se réchauffe et au lit ; il est obligé de se gratter jusqu’à ce que la peau saigne.

Sommeil et rêves

Somnolence le jour.

Sommeil  profond ; a l’impression de ne pas avoir assez dormi en se levant le matin ; sommeil profond sur le matin avec rêves fatigants.

Difficulté d’endormissement par hyperidéation ou par agitation.

Parle, ris, chante, pleure ou gémit pendant son sommeil ; violents sursauts avant minuit.

Elle a trop chaud au lit, reste allongée la plupart du temps découverte, son sommeil est très léger, a de nombreux rêves, est fréquemment interrompu par des réveils.

Rêves agréables, à propos de l’argent qu’il a reçu ; ou rêves confus, provoquant de l’anxiété.

Rêve qu’un cheval le poursuit et veut le mordre ; rêve de querelles et de vexations ; rêve qu’il est obligé de descendre d’une hauteur et qu’il a peur de tomber ; rêves plein de honte ; rêves avec peur de la mort, qui le tourmentent après son réveil ; elle rêve qu’elle est sur un ferry-boat qui sombre dans la rivière, ce qui la réveille avec anxiété. Il rêve qu’il se promène dans une rivière, dans laquelle il voit des serpents et d’autres animaux dont il a peur. Il rêve de fantômes et fait tant de bruit que cela le réveille. Rêves d’étoiles filantes, de feux, de mariages. Rêves de voleurs. Rêve qu’elle a commis un vol, ou qu’elle est avec des voleurs. Rêves de mort et d’enterrements.

Fièvre

Froid interne et frissons, aggravés après des boissons chaudes.

Frissons internes avec joues chaudes et mains froides.

Chaleur avec anxiété et transpiration la nuit.

Chaleur soudaine avec transpiration et palpitations. Transpiration à chaque mouvement, suivi de frissons comme si l’on avait pris froid.

 

MATIERE MEDICALE DE CLARKE

Il est intéressant de citer les caractéristiques que Clarke écrit en préambule de chaque remède dans sa matière médicale, car elles résument bien sa façon de voir le remède étudié :

« Alumina entraîne une irritation des muqueuses avec sécheresse ou extrême sécrétion, et une paralysie des muscles lisses comme ceux du rectum, et plus généralement une paralysie des systèmes nerveux et musculaire ». On voit déjà que cet auteur considère la sécheresse des muqueuses comme une caractéristique générale de ce remède alors que nous venons de voir qu’il n’en est rien si l’on s’en tient à la matière médicale de TF Allen.

Clarke le cite dans les constipations avec efforts importants pour évacuer même des selles petites et molles, en disant que les efforts produits par Alumina sont plus importants que ceux de Causticum.

Cet auteur insiste également sur les symptômes neurologiques : tremblements, mouvements convulsifs, ataxie locomotrice (en citant un cas guéri par Boenninghausen), paresthésies (des fesses en s’asseyant…), et sur les symptômes psychiques, en particulier la confusion : « quand il dit quelque chose, il a l’impression que c’est une autre personne qui l’a dite, et quand il voit quelque chose, comme si une autre personne l’avait vue, ou comme s’il lui fallait se transférer dans cette autre personne pour être capable de voir cette chose. Un sentiment de hâte s’ensuit, les choses ne vont pas assez vite ». Clarke mentionne ensuite l’impulsion suicidaire en voyant du sang ou des couteaux, la peur de devenir fou et la volonté de s’en aller.

Pour lui, ce remède est d’action lente et il ne doit pas être changé rapidement.

 

 

MATIERE MEDICALE DE HERING

Cet auteur place la confusion en tête des symptômes psychiques : « conscience pas claire, conscience de son identité personnelle confuse, incapacité de se rappeler des choses ou de suivre un train de pensée, confusion et obscurcissement de l’intellect, fait des erreurs en parlant, utilise des mots sans le vouloir ».

Il insiste moins que Clarke sur la sécheresse des muqueuses : ainsi, dans le chapitre bouche, il valorise la sialorrhée à plusieurs reprises et il cite la sécheresse de la bouche sans la valoriser. Par contre il cite à deux reprises une sécheresse brûlante des yeux, mais ceci dans un tableau de conjonctivite. En ce qui concerne la constipation, il reprend le même tableau que Clarke, et ajoute les symptômes suivants : « absence de désir et incapacité d’aller à la selle jusqu’à ce qu’il y ait une importante accumulation de selles » et «constipation par importante sécheresse de la muqueuse rectale, avec douleurs de longue durée dans le rectum » ; sont également valorisées la diarrhée chronique et les selles liquides hémorragiques.

 

 

MATIERE MEDICALE DE VERMEULEN

Vermeulen, considéré comme LE spécialiste contemporain de la matière médicale, insiste comme Clarke sur la sécheresse des muqueuses et la tendance musculaire parétique.

Il mentionne comme relevant d’Alumina les enfants délicats nourris aux aliments pour bébés artificiels.

La liste de symptômes qui suit n’apporte pas de nouveauté très importante, en dehors d’un symptôme qu’il valorise, alors qu’il est absent chez TF Allen, Hering et Clarke : la sensation de fourmis qui rampent le long des jambes et du dos.

 

EN PRATIQUE

Nous avons repris à plusieurs reprises avec succès le tableau d’Alumina que dresse Jan Scholten : celui-ci reprend en fait le symptôme psychique particulier d’Alumina qui est la confusion ; ce caractère était déjà noté par TF Allen sans être valorisé et a été souligné par tous les autres auteurs. Cette confusion n’est pas une désorientation dans le temps ni dans l’espace, ce qui explique sans doute son inefficacité dans la maladie d’Alzheimer (du moins dans notre expérience), mais une confusion au sujet de sa propre identité, ce qui pourrait faire penser à une pathologie dissociative type schizophrénie, ou à des cas moins graves, comme celui d’une patiente suivie depuis de longues années, dont l’un des problèmes principaux est une confusion au sujet de son identité par rapport à ses parents, la mère ayant rempli souvent le rôle du père, le père ayant pris le rôle de la mère. Cette situation se rencontre fréquemment actuellement dans notre pratique chez des enfants dont le père ne remplit pas son rôle traditionnel.

Nous recherchons cette situation d’autant plus souvent que cette problématique est à la base de la personnalité allergique, si l’on en croit les travaux des auteurs psychosomatiques contemporains : ainsi Sylvie Cadi (L’enfant allergique, éditions Dunod, 2000) à la suite d’une étude sur plus de mille enfants allergiques, expose la problématique de ces enfants de la façon suivante : ceux-ci ont l’angoisse de saisir la différence entre soi et l’image de la mère, et, plus généralement, entre le soi et le non soi, c'est-à-dire les autres (nous soulignons). Ce sont des personnes qui ont du mal à saisir la différence entre eux et les autres, et là nous sommes en plein dans la problématique d’Alumina. Il nous faut rappeler ici que la matière médicale d’Alumina comporte de nombreux symptômes d’ordre allergiques, tant cutanés que respiratoires, et qu’il était considéré par Hahnemann comme un médicament anti-psorique important.

C’est une des raisons pour laquelle nous pensons qu’il est d’autant plus grave de multiplier les vaccins contenant des sels d’aluminium comme cela se fait actuellement chez les tous petits, dont on sait qu’ils sont tout particulièrement sensibles à la toxicité de cet élément : rajouter un élément dont on sait qu’il est toxique et qu’il est allergisant est d’autant plus risqué qu’il est administré à une personne dont le psychisme prédispose à une maladie allergique.

Quand nous retrouvons l’ensemble du tableau psychosomatique, nous donnons des hautes dilutions 15 ou 30 CH, une fois par mois nous a semblé toujours suffisant. De plus, nous prescrivons systématiquement Alumina à la même posologie aux enfants ayant subi des vaccinations contenant de l’aluminium (à notre connaissance, il n’y a que le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole qui ne contient pas d’aluminium).

Nous n’avons parmi nos patients qu’une personne prenant régulièrement Alumina 9CH pour une fausse constipation : selles dures de volume normal tous les deux ou trois jours, évacuées avec beaucoup d’efforts, sans autre signe pouvant faire penser à Alumina : elle avait essayé Causticum sans succès, ce qui n’était pas très étonnant car elle n’en avait pas du tout le profil empathique.

Il est bien évident qu’il faudra se garder de penser que tout allergique correspond à Alumina, ce serait la négation même de l’individualisation propre à la médecine homéopathique. Mais c’est un remède auquel il faudra penser devant une telle affection, au même titre que Lycopodium, Sulfur, Psorinum, Natrum mur, Pulsatilla et cetera…

 

Bibliographie

1 – Allen TF ; Encyclopedia of Pure Materia Medica ; Indian Books and Peroidical Syndicate, New Delhi, réédition de 1995.

2 – Clarke JH ; A Dictionary of Practical Materia Medica ; Jain Publishers ; New Delhi, réédition de 1995.

3 – Hering C ; The Guiding Symptoms of our Materia Medica ; Indian Books and Peroidical Syndicate ; New Delhi, réédition de 1995.

4 – Scholten J ; Homeopathy and the Elements ; Stitching Alonnissos, Utrecht (Hollande), 1996.

5 – Vermeulen F ; Concordant Materia Medica ; Merjlin Publishers, Haarlem (Hollande), 1994.

 

Dr Philippe Colin