Les sels de mercure PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Philippe Colin   
Dimanche, 11 Septembre 2011 16:36

LES SELS DE MERCURE                                                      Philippe Colin

 

Tableau général de mercurius

Instabilité sur tous les plans. Pressé en esprit mais lent en action. Extrêmement fermé. Conservateur ou anarchiste (extrémiste violent) ; tout ou rien. Manipulateur, tyrannique, goût pour les intrigues (services secrets).

Situé dans la table périodique des éléments entre l’or (aurum, responsabilité, conservatisme, protecteur, suicidaire, image du berger, de la prière), et le titane (conservateur, suspicieux, dogmatique).

Autres symptômes (Scholten) : sentiment exagéré du sens des responsabilités, ce sont les seuls capables, et ils ne délèguent pas de peur que tout aille mal. Ils se mettent en colère quand quelqu’un prend des initiatives sans lui demander conseil en premier. Ce sont des bourreaux de travail.

Il sont soupçonneux, ont besoin de tout contrôler, se sentent entourés d’ennemis. Les conseils avisés sont considérés comme des tentatives de renverser leur règne. C’est le tableau typique de la paranoïa.

Ils peuvent être pervers, en particulier dans leur conduite sexuelle.

 

Les différents sels de mercure (Scholten, Clarke)

Cinnabaris

Tyrannique et manipulateur en amour, partenaire soupçonneux. Peuvent devenir violents, vouloir tuer ceux qui menacent leur partenaire, ou au contraire se négliger, négliger leur partenaire et leur travail, et vouloir se suicider.

Remède de sinusite chronique et de condylomes ano-génitaux. Y penser quand on a des signes de sulfur et de mercurius.

Mercurius dulcis (HgCl)

Conflit entre le désir d’être leader et celui d’être une bonne mère.

Mère dominatrice, manipulatrice et soupçonneuse.

Considérer sa mère comme une ennemie, car celle-ci ne donne que des ordres tyranniques au lieu d’apporter de l’amour.

Une autre réaction sera pour l’enfant de prendre soin de ses frères et sœurs pour soulager sa mère et obtenir son approbation.

Thème du déclin du pouvoir : quand leur pouvoir est miné, ils deviennent irritables intérieurement. Ils cherchent à manipuler leur entourage et deviennent suicidaires s’ils n’y arrivent pas. Ils se sentent offensés, se plaignent, ou veulent fuir, ne sont plus préoccupés par ceux qui pourraient avoir besoin d’eux.

Proche sur le plan chimique de mercurius corrosivus (HgCl2).

Surdité par œdème de la trompe d’Eustache ; prostatite et dysurie.

Mercurius protoiodatus (HgI)

Thème : leader agité, sont conservateurs de manière obsessionnelle, utilisent la tyrannie et la manipulation. Ils ont le sens de l’humour, mais s’ils échouent, voudront se suicider ou partir (émigration).

Remède de symptômes allant de droite à gauche, comme lycopodium, mais les symptômes ORL sont aggravés par la chaleur, contrairement à lycopodium.

Remèdes de concommitants (céphalées suivant des douleurs cardiaques, douleurs de la hanche gauche et de l’avant-bras droit, douleurs cardiaques et abdominales).

Irrésistible envie de serrer les dents, qui fatigue les masséters.

Scholten ne parle pas de mercurius cyanatus (Hg(CN2)) avec sa tendance aux ulcères, ni de mercurius biodatus (HgI2), avec sa tendance à l’asthme (Clarke). Cet auteur décrit aussi mercurius aceticus, avec ses douleurs de gorge aggravées en toussant plutôt qu’en avalant, mercurius biodatus cum kali iodatum (combinaison des deux remèdes, paralysie faciale, polypes nasaux), mercurius nitricus (condylomes, eczéma, mycoses, psoriasis, douleurs piquantes), mercurius praecipitatus albus (nanisme, eczéma purulent aggravé au froid et en hiver), et mercurius praecipitatus ruber (ulcérations génitales pemphigus du nouveau-né, eczéma aigu ou chronique, purulent, mycoses circinées, folliculite de la barbe. Un possible symptôme –clé pourrait être la sensation comme si un fer chaud montait et descendait dans l’anus ».

 

Mercurius solubilis et mercurius vivus (Colin).

Ces deux remèdes sont confondus à tort par la plupart des matières médicales alors qu’il existe des différences non négligeables. Ce travail a été publié dans l’Homéopathie Européenne (1998, 6, 10-11).

Les souches

Mercurius solubilis est de l’oxyde noir de mercure, dont la formule chimique est 2(NH2Hg2)NO3H20, est a été préparé par Hahnemann en précipitant du mercure dans de l’acide nitrique puis dans de l’ammoniaque caustique. La matière médicale de mercurius solubilis est une pathogénésie faite par Hahnemann et ses élèves, toutes les autres matières médicales reprennent cette pathogénésie à quelques détails près.

Mercurius vivus est le métal tel qu’on le trouve dans le commerce. Il contient, nous dit Hahnemann, une certaine quantité de plomb et de bismuth. La matière médicale que l’on trouve dans l’encyclopédie d’Allen est en fait un recueil de la toxicologie de ce mercure à travers 80 rapports, certains contemporains d’Allen, d’autres beaucoup plus anciens (1661 et 1665 pour les deux plus anciens. Seules les trois dernières observations sont faites avec des basses dilutions de mercure, deux  4èmes décimales, et une 1ère ou 2ème trituration. Quasiment toutes les matières médicales confondent les deux remèdes, à la suite des matières médicales de Clarke et Boericke.

Signes neuropsychiques

Mercurius vivus n’a pas l’agressivité ni l’esprit querelleur de mercurius solubilis. Son intelligence est moins vive (il peut même être débile, il existe un retard de développement chez l’enfant), il parle plus lentement et peut présenter un bégaiement important. Les deux remèdes ont en commun les signes dépressifs, l’irritabilité, les pleurs et la mauvaise humeur, signes finalement peu spécifiques et communs à de nombreux autres remèdes.

Mercurius vivus présente des tremblements et une atteinte cérébelleuse beaucoup plus marquée.

Signes somatiques

Mercurius vivus ne présente pas d’iritis, ni d’otorrhée, ni d’épistaxis nocturne ou pendant la toux, comme mercurius solubilis. Il n’a pas d’infection urinaire ni génitale.

Seul mercurius vivus présente les symptômes suivants : ulcérations du bord de la langue, hypertrophie du lobe droit de la thyroïde, induration de la parotide droite. On note également chez ce remède une hépatite chronique, un prolapsus rectal, un emphysème, des varices des membres inférieurs et des ulcères variqueux à fond gris saignant. Il existe chez la femme une tendance à la tuberculose, des avortements spontanés fréquents, des hémorragies génitales, des cycles irréguliers, des douleurs osseuses.

 

Références bibliographiques

1 – Allen TF, The Encyclopedia of Pure materia Medica, Indian Books and Peroidical Syndicate, New Delhi, Indes, Réédition de 1995.

2 – Clarke JH, A Dictionary of Practical Materia Medica

3 – Scholten Jan, Homeopathy and the Elements, Stitching Alonissos, Utrecht, Hollande, 1996.